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13-06-2007

Nanterre -Info juin 2007

Déficitaire, l'hôpital de Nanterre fait face, pour la première fois, à un vaste plan de restructuration. Logiques économique, sanitaire et sociale tentent de faire bon ménage.
La situation du Centre d'accompagnement et de soins hospitaliers (Cash) de Nanterre est préoccupante. Déficitaire, comme la plupart des établissements hospitaliers de France, le Cash (à la fois hôpital, service social - centre d'hébergement pour les sans abri et maison de retraite) fait face à un sévère plan d'économies exigé par l'Etat. Résultat d'une vague d'audits lancés dans tous les hôpitaux, le contrat de retour à l'équilibre financier (Cref) (1) prévoit en effet, d'ici à 2010, d'accroître les recettes de l'établissement implanté au Petit-Nanterre.

Et, en miroir, de limiter ses dépenses. A l'heure où les premières décisions et mesures se dessinent, voire entrent en vigueur, tensions, incompréhensions et craintes se répandent au sein des corridors du Cash. A l'appel de l'intersyndicale CGT, CNT, CFTC et Sud, un mouvement contestataire - auquel la mairie de Nanterre a apporté son soutien - a vu le jour en mars dernier. Deux débrayages, les 5 et 6 mars, ont été suivis par une manifestation, une semaine plus tard devant le Ddass (direction départementale des affaires sanitaires et sociales). Si ce mouvement est aujourd'hui retombé, les questions de fond, elles, demeurent.

 

« Le déficit 2006 du Cash s'élève à 10,5 millions d'euros. 3 d'entre eux correspondent à un report de charge de l'année 2005 ; 7, 5 millions au déficit de l'exercice en cours. Voilà pourquoi l'Etat nous oblige à économiser 2 millions en 2007 », apprend-on auprès de l'un des membres de la Direction. Dans ces conditions, quels outils l'établissement entend-il déployer pour remettre les compteurs à zéro ? Côté ressources humaines, « la mutualisation » est à l'honneur, en particulier « dans les secteurs administratifs, hôteliers et de travaux ». « On revoit nos organisations en vue de réduire nos effectifs. A chaque départ (CDD, retraite, mutation), on étudie l'opportunité du non remplacement », précise la Direction. Autres mesures préconisées, le regroupement des consultations externes ; le renforcement des astreintes, moins couteuses, au détriment des gardes ; la réflexion sur le projet médical du Cash. « Certains secteurs sont peu rentables. A l'inverse, nous possédons un vrai savoir faire dans d'autres disciplines médicales (maternité, cardiologie, diabétologie, cancérologie, orthopédie et urologie) qui seront renforcées. L'objectif est d'arriver à un recrutement ciblé des patients à une échelle plus vaste ». Enfin, côté investissement et logistique, deux pistes de réduction de coûts se profilent. La cuisine devrait faire l'objet d'une délégation de service public début 2008, tandis que dès septembre, la blanchisserie sera externalisée vers une autre blanchisserie hospitalière.

 

« Concrètement, le Cref se traduit par des départs en retraite non renouvelés, des services fermés le week-end et la dégradation généralisée de la qualité des soins apportés aux usagers, s'indigne Nathalie Franzkowiak, secrétaire de la CGT. Or nous manquons déjà cruellement de personnels : une infirmière s'occupe de 25 malades ! Les cadres ne peuvent plus faire leurs plannings tant nous sommes en déficit de blouses blanches ».

Véritable hôpital de proximité, le Cash concentre des habitants du quartier, parfois incapables de se déplacer ailleurs. Des patients qui ne peuvent attendre trois ou quatre mois avant d'obtenir un rendez-vous. Des populations fragilisées et pour lesquelles le rôle d'accueil, personnalisé et patient, a un sens.

« La logique économique ne peut l'emporter sur celle de service public !, s'exclame Christophe Aubin, délégué CGT. Certes, il faut faire des économies, mais pas au détriment de notre mission sanitaire et sociale ».

Sandrine Audegond

Pourquoi un Cref ?

Bon nombre de centres hospitaliers sont désormais assujettis à un contrat de retour à l'équilibre financier (Cref). Cette contrainte est le résultat du déploiement d'un nouveau mode de facturation hospitalier, la fameuse T2A ou tarification à l'activité. Un système de financement entré en vigueur en 2004 dans tous les établissements de santé, publics et privés, ne leur permettant plus de reporter leurs charges d'une année sur l'autre. Le principe étant que l'activité effectuée (soit la nature et le volume des soins produits) détermine directement les ressources de l'hôpital. Le système de dotation globale (ou d'attribution d'une enveloppe budgétaire), a été remplacé par un dispositif qui, in fine, envisage la gestion des secteurs de soins comme des activités économiques lambda.

 
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