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sep 27 2008
les oubliés de BMS Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 

Ecrit par Jacques Guével, le 27-09-2008 17:26

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Publié dans : Paru dans la presse, Le Parisien

 

NANTERRE. Travailleurs sans papiers : les oubliés de BMS

Neuf anciens salariés sans papiers de l’entreprise BMS sont expulsables à partir d’aujourd’hui. Pourtant, tous les autres grévistes ont été régularisés.

Matthieu Pelloli | 23.08.2008
 

ILS SONT une petite cinquantaine de sans-papiers, en grève depuis le 20 mai dernier sur le site de l’entreprise BMS à Nanterre, pas loin de l’université Paris-X. Le 23 juillet dernier, 37 d’entre eux ont été régularisés et ont obtenu un permis de travail pour un an. Neuf autres, en revanche, ont reçu une obligation de quitter le territoire.

Celle-ci devait prendre effet un mois plus tard… c’est-à-dire aujourd’hui.

« Ils avaient quatre semaines pour partir d’eux-mêmes, explique Philippe Degrave, membre de la LCR et du comité de soutien aux travailleurs de Nanterre. Passé ce délai, on peut les y obliger… »

« C’est ici que je veux vivre ! »


En clair, depuis ce matin, les forces de l’ordre peuvent débarquer d’un moment à l’autre pour arrêter les neuf expulsables, puis, à terme, les reconduire à la frontière. En coulisses, le comité de soutien remue ciel et terre. « Nous faisons tout pour éviter la pire des éventualités », confirme Philippe Degrave. Sur place, la solidarité continue aussi de jouer à plein. Les trente-sept qui ont obtenu des papiers ont décidé de rester pour poursuivre la grève avec leurs neuf camarades. Ceux-ci, bien que menacés, ne s’enfuiront pas…

Mammhadou a 28 ans. Originaire du Nigeria, il est arrivé en France en 2002 avec un visa de tourisme. Le jeune homme explique : « Je suis peut-être expulsable mais je veux continuer le combat. Je travaille en région parisienne depuis plusieurs années. C’est ici que je veux vivre ! » Sacko est dans la même situation. Il soupire : « Mon dossier a été rejeté parce que je n’avais pas un an d’entreprise. Mais j’ai travaillé dans d’autres sociétés avant et cela n’a pas été pris en compte… »

Très remontés contre leur ancien patron


Amadou, le porte-parole des grévistes, résume : « Nous sommes déterminés à aller tous ensemble jusqu’au bout, malgré notre vie quotidienne très pénible ici. » Hier, les petites tentes de fortune sous lesquelles ils dorment dégoulinaient d’eau. Tous sont très remontés contre leur ancien patron. Ils insistent : « Cela faisait des années qu’on travaillait pour lui mais il nous a complètement laissés tomber… Il a fermé les baraques, coupé l’eau, l’électricité ».

La semaine prochaine, plusieurs initiatives sont prévues. Jeudi soir, une veillée de soutien sera organisée sur le site de l’entreprise, en présence d’élus de Nanterre et peut-être de la compagnie de théâtre Jolie Môme, qui intervient dans les luttes sociales. Vendredi, un rassemblement doit avoir lieu devant la préfecture.

Pendant ce temps, d’autres inquiétudes continuent de planer. L’entreprise BMS a été placée en liquidation. « A un moment, l’occupation du lieu de travail deviendra illégale », s’inquiète déjà Philippe Degrave.

Le Parisien

 

Dernière mise à jour : 27-09-2008 17:26

   
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