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Paru le : 31/08/2006
Le foyer d'accueil des SDF de nouveau réhabilité
L'événement six ans seulement après une réhabilitation spectaculaire, de nouveaux travaux de rénovation viennent de démarrer au centre d'hébergement et d'accueil des personnes sans abri (Chapsa) de Nanterre. Objectifs : améliorer l'hygiène des locaux et corriger les erreurs de conception passées.
24 juin 2000.
Dominique Gillot, secrétaire d'Etat à la Santé et aux Personnes handicapées, vient inaugurer les nouveaux
locaux du centre d'hébergement et d'accueil des personnes sans abri de Nanterre. Cet ancien dépôt de mendicité, créé au XIXe siècle, traîne depuis toujours une mauvaise réputation et de nombreux SDF refusent d'y mettre les pieds, par crainte d'y subir des violences et des vols. Deux cent cinquante sans-abri y sont accueillis tous les soirs, sept jours sur sept.
« Un vieillissement prématuré »
La brigade d'assistance aux personnes sans abri de Paris et de la petite couronne y conduit chaque année environ 54 000 personnes ! Mais les locaux sont vétustes et abritent un dortoir de cent quinze lits superposés. Un an et demi de travaux seront nécessaires pour reconstruire le site et humaniser des bâtiments dont certains datent de plus d'un siècle. Le jour de sa visite, la ministre découvre des espaces intérieurs réaménagés, des chambres à taille humaine, plus fonctionnelles, plus confortables.
Août 2006 : tout est à refaire ou presque. « Le centre a subi une dégradation rapide, notamment en raison de certains choix architecturaux qui n'étaient pas adaptés, confie un salarié. Il y a eu des loupés lors de la reconstruction. » Au point qu'il est aujourd'hui nécessaire de rénover les douches, repeindre les chambres, changer les revêtements de sols et revoir le dispositif de sécurité incendie. Directrice du secteur médico-social, Odile Jeandeau parle de « vieillissement prématuré » et évoque des problèmes de « peintures qui accrochent la saleté et de surfaces en béton imprégnées de mauvaises odeurs ».
« Les travaux que nous engageons aujourd'hui vont permettre d'assurer des conditions d'accueil dignes de ce nom, assure-t-elle. D'autant que le déménagement de cinquante lits infirmiers dans une autre aile du bâtiment va nous permettre de récupérer de l'espace et de diminuer ainsi le nombre de personnes par chambre. »
Les travaux, financés en partie par l'Etat, coûteront plus d'un million et demi d'euros. Mais certains disent déjà
qu'ils ne suffiront pas. « Ce n'est pas en repeignant les murs que l'on va régler les problèmes d'agressivité et de tension permanente qui règnent au Chapsa, déplore un travailleur social du département. Aujourd'hui, beaucoup de sans-abri préfèrent dormir dehors que d'aller à Nanterre, en raison des conditions d'accueil, des vols, de la violence. »
A l'issue de sa visite en juin 2000, la secrétaire d'Etat à la Santé caressait l'espoir que la réhabilitation du site mette un terme définitif au « déficit d'image qui a pu être attaché à cette structure ». Six ans plus tard, force est de constater que le foyer de Nanterre souffre toujours d'une réputation déplorable dans la rue. A tel point que les responsables du Chapsa ont décidé de mettre en place prochainement un groupe de travail chargé de mieux gérer l'accueil des usagers et leur prise en charge sociale.
Dernière mise à jour : 04-09-2006 09:17
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