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Paru le : 12/05/2006 Nanterre
Huchon découvre un centre d'hébergement « humanisé »
Dans leur petie chambre du centre d'hébergement et de
réinsertion sociale (CHRS) de longue durée de Nanterre, Claude et
Marylène ont égayé les murs de posters et recouvert leurs deux armoires
d'une belle collection de voitures miniatures. Comme si, après des
années d'errance et de nuits passées dehors, le couple avait besoin de
se sentir enfin comme chez soi.
« Après avoir travaillé quinze ans dans une banque, j'ai
perdu mon emploi et je me suis retrouvée à la rue, raconte Marylène, 57
ans.
Depuis que je suis ici, j'ai un toit, trois repas par jour et un petit travail à la buanderie du centre».
Hier, Claude et Marylène ont reçu la visite du président du conseil régional, Jean-Paul Huchon, la région ayant participé aux côtés de l'Etat, de la Ville de Paris et du département à la réhabilitation du centre : 6,5 millions d'euros ont été investis pour « humaniser » les locaux. Fini la promiscuité des vieux dortoirs aux lits superposés. Fini également pour le couple la violence de la rue.
« Ici, je me sens enfin au calme », confie Marylène. Depuis quelques semaines, une centaine de résidants, pour la plupart désocialisés, ont pris leurs quartiers dans les nouvelles « unités de vie » du centre d'hébergement. « Dormir ici leur permet d'en finir avec l'errance et de se reconstruire avant d'entamer un parcours de réinsertion », explique Odile Jeandeau, la directrice de la vie sociale. Outre un suivi médical et social individualisé, les résidants peuvent participer
à des ateliers animations et pratiquer des activités professionnelles.
12 000 sans-abrien Ile-de-France «Ils sont accueillis pour une période de six mois renouvelable, mais certains sont là depuis plus de vingt ans, explique un éducateur. A l'extérieur, non seulement les foyers sont surbookés, mais il est difficile de se retrouver seul et de vivre de façon autonome, surtout quand on a pris ses repères ici et que l'on est pris en charge, notamment pour les problèmes d'alcool.
» Alors que la région chiffre à 12 000 le nombre de SDF en Ile-de-France et milite pour le développement de structures d'accueil à taille humaine, la conseillère régionale Francine Bavay se félicite que la région ait participé à l'humanisation du CHSR, qui est un établissement unique en France.
« Les gens imaginent que le Cash de Nanterre est encore comme dans les années 1970, souligne l'élue, alors qu'on voit bien que des efforts ont été faits et vont se poursuivre pour améliorer l'accueil des usagers et permettre à ceux que l'on va chercher dans la rue de disposer d'un hébergement stable. » « Avec de la volonté, on peut s'en sortir », se persuade Marylène, qui rêve désormais de trouver un travail à l'extérieur et de s'installer avec son homme dans un studio.
Frédéric Mouchon
Dernière mise à jour : 13-05-2006 19:32
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