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Parution du : 30/05/2006
Des parrains mènent les jeunes vers la réussite
Association Zy'va «CELA FAIT déjà une douzaine d'années qu'on
parraine des jeunes sur le plan scolaire. Mais maintenant nous avons
plein de jeunes diplômés qui ne trouvent pas de travail, à cause de la
discrimination à l'embauche.
Alors la réussite scolaire seule, ça ne
suffit pas », constate Hafid Rahmouni, directeur de l'association
Zy'va, implantée depuis 1994 au coeur du quartier du Petit Nanterre, isolé du centre-ville et des gares de RER par un enchevêtrement de ponts routiers et de voies ferrées.
A
partir de ce constat, l'association vient de lancer le projet 1 par 1
pour réussir, un programme de parrainage qui s'adapte aux besoins et à
l'âge du filleul.
« Pour les plus petits, à partir du CP, le parrain va leur ouvrir des horizons, les sortir du quartier, leur faire rencontrer d'autres enfants, ils verront et feront autre chose », explique Hafid. Une fillette de 8 ans lui a ainsi annoncé qu'elle avait appris à faire du vélo chez son parrain. Parmi les plus grands, des lycéens, des étudiants et des demandeurs d'emploi.
Bénévoles
Zy'va compte aujourd'hui treize parrains et filleuls. Les parrains d'honneur sont : Olivier Audéoud, président de l'université Paris-X Nanterre ; Tania de Montaigne, journaliste et écrivain ; Aziz Senni, dirigeant d'Ata France et auteur de « L'ascenseur social était en panne, j'ai pris l'escalier » ; Philippe Mérieu, pédagogue. Jean-Marc Galland, sous-préfet à la ville, parraine deux jeunes filles qui ont le projet d'entrer à Science-Po. Yamina, en 1re ES dans un lycée de Suresnes, le rencontre une à deux fois par mois dans son cabinet : il va l'aider à préparer le concours, mais lui ouvrir aussi certaines portes, comme celles de l'Assemblée nationale. « On l'avait déjà visitée, précise Houria, étudiante en droit à Paris-X, sa seconde filleule, mais ce n'est pas la même chose de visiter l'Assemblée comme tout le monde et avec lui, qui connaît les lieux. »
Deux des filleuls de l'association ont déjà trouvé un emploi grâce au réseau professionnel de leur parrain.
Un réseau d'autant plus utile quand, malgré les diplômes, on doit surmonter trois formes de discrimination : sociale par l'adresse du domicile sur le CV ; culturelle par le nom de famille ou raciale. « Avec mon nom, j'arrivais à franchir l'étape du CV, il n'allait pas tout de suite à la poubelle », témoigne Jean Bernard, avocat d'origine indienne (voir témoignage), « Mais à l'entretien, je sentais la réaction... » Bien que tous ces parrains soient des bénévoles, l'association fournit un gros travail pour encadrer chaque projet : « Tout le monde nous félicite mais nous avons besoin d'aides pour financer un poste à plein-temps si nous voulons développer l'opération », souligne le directeur et le président de Zy'va, Abdat Ameziane. Or si le maire de Nanterre est l'un des parrains, les subventions de la ville (10000 ) et du conseil général (20 000 ) ne suffisent pas, comme l'a souligné très récemment un audit du Fasild (Fonds d'action et de soutien pour l'intégration et la lutte contre les discriminations, dont les missions ont été confirmées en 2004 par le ministère de la Cohésion sociale). Zy'va espère une réponse des financeurs publics pour élargir son offre : vingt-neuf filleuls et une trentaine de parrains potentiels sont sur liste d'attente.
Florence Hubin
Dernière mise à jour : 02-06-2006 15:41
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